Alberto Ruy Sanchez, le romancier mexicain envoûté par Mogador

Rachid Mamuoni, antes de la nota anterior, hizo esta entrevista aparecida tambien en Le Matin du Sahara:

Le romancier et essayiste mexicain Alberto Ruy Sanchez vient de signer un cinquième et dernier roman, 'la main du feu', qui plante le décor encore une fois dans la ville de Mogador, à laquelle il se dit très attaché.
Pour lui, Mogador, beaucoup plus qu'une ville, est un endroit qui lui inspire la 'recherche narrative sur le désir' qu'il a entamée depuis plus de 20 ans avec son premier roman de la série, 'Les visages de l'air', qui a remporté le prix littéraire le plus important du Mexique, 'Xavier Villaurrutia', et devenu depuis un livre culte sans cesse réédité.
Cet ancien collaborateur du prix Nobel de littérature mexicain, Ocatvo Paz, donne vie à ses personnages à Mogador, 'une ville à la sensualité écorchée', dont le métissage à travers les siècles lui rappelle, à plusieurs égards, son Mexique natal.
'Il y a quelque chose de magique à Mogador. Avec le temps, dit-il, je me suis rendu compte que Mogador était le produit d'une Utopie d'un sultan, qui a voulu faire de cette ville un endroit de vie en ébullition, avec un croisement de races, sur le carrefour des routes commerciale de l'époque'.
Dans la ville, on retrouve des descendants de juifs Sépharades et Ashkénazes, de populations d'Afrique noire et des berbères des Haha et de Souss. Ce métissage à travers les âges a crée ce qui représente actuellement 'la carte génétique d'Essaouira'.
Un métissage très similaire peut être observé aux Caraïbes qui est un mélange de l'animisme africain avec les religions catholiques.
La musique Gnaoua de Mogador, qui reflète un art de vivre singulier, est elle aussi très proche des rythmes en vogue à Cuba et à Haïti.
Ruy Sanchez fait un rapprochement surprenant de l'art picturale des Gnaoua, dont le maître de fil est Mohamed Tabbal, et le phénomène mexicain des Shamans.
La tradition shamanique et la mystique des gnaoua sont très semblables eu égard au métissage qui s'est fait à Mogador et celui qu'ont connu Cuba, Haïti, la Nouvelle Orléans, entre autres.
A cause de ce métissage, Mogador représente une sorte de 'pont culturel, une passerelle' entre l'Afrique et l'Occident.
Dans ce contexte, il n'est pas un hasard si plusieurs pays avaient choisi d'installer à Mogador, les premières missions consulaires sur les côtes africaines. La première représentation diplomatique des Etats-Unis a été justement à Mogador, après la reconnaissance de la jeune nation par le sultan du Maroc, rappelle l'auteur.
Ruy Sanchez s'attarde sur l'histoire de Mogador et 'ses murailles impressionnantes et inviolables'. Il raconte pour l'anecdote l'histoire d'une expédition militaire française qui avait tenté de s'emparer en vain de la ville au 19 siècle.
A l'époque, l'amiral français Prince de Joinville avait fait croire à ses supérieurs à Paris qu'il a pris Mogador, mais en fait il s'était emparé de l'île de Mogador et non de la ville, infranchissable depuis toujours.
Le tableau qui célèbre cette bataille dans le musée de la marine à Paris est un 'mensonge', car la ville n'a jamais été prise par ce militaire français, a affirmé Ruy Sanchez.
Des années plus tard, on retrouve ce même amiral ordonnant le bombardement de la ville mexicaine de Veracruz, fait observer avec malice l'écrivain mexicain.
Et Ruy Sanchez, un féru d'artisanat, de plonger avec ferveur dans une comparaison du travail des céramistes de Puebla (ville coloniale au sud de Mexico) et d'Essaouira.
Pour lui, il existe un jumelage artisanal entre le Maroc et le Mexique, dont l'origine remonte aux personnes venues d'Espagne, après la Reconquista.
Intarissable, il évoque les différentes manifestations de l'art mudéjar très visibles dans des villes coloniales du Mexique, introduit dans ce pays par les colons qui ont afflué d'Espagne dès les premières années de la colonisation et jusqu'au 19e siècle.
'L'art Mudéjar, plaide-t-il, continue d'exercer une influence énorme sur les différents aspects de la vie quotidienne au Mexique'. Il cite à ce sujet la céramique, évidemment, et les tissus avec des motifs et des couleurs particuliers très semblables à ceux qu'on retrouve dans les régions berbères du Maroc.
L'influence linguistique n'est pas en reste, car Antonio AlaTorre avait recensé plus de 4.000 mots d'origine arabe utilisés quasi quotidiennement dans le parler mexicain.
Pourquoi avoir choisi Mogador comme cadre de ses romans? æ'Il s'agit d'une revendication de l'héritage arabe du Mexique et parce que Mogador est une métaphore sur la façon d'être dans ce monde en utilisant tous les sens. Mogador est la sensualité même, qui permet de connaître le monde à travers les sens''.
A propos de la thématique de ses derniers romans, Ruy Sanchez dit se sentir æ'insulté'' lorsque des mexicains ou autres expriment des idées déformées sur la civilisation arabe, les exhortant à s'informer sur le monde arabe par un autre moyen que les médias globalisés. Interrogé sur certains aspects de 'l'actualité' dans son dernier roman, telle un passage sur l'arrivé des criquets à Essaouira, Ruy Sanchez affirme que ses lecteurs mexicains pensent qu'il invente ce genre de scène, mais pour lui, il s'agit d'un fait réel exploité dans son roman pour mieux décrire la réalité de la ville.
A propos des noms de ses deux principaux personnages, Zaydun et Hassiba, dans la 'main du feu', l'auteur affirme que ces personnages existent réellement à Mogador.
Au visiteur de Mogador, Ruy Sanchez conseille 'd'éteindre les moteurs et d'écouter la ville, se perdre dans ses ruelles, aller tous les jours au marché, observer à l'aube le retour des pêcheurs. Il faut aussi voir travailler les artisans du bois et visiter le Mellah'.
Les photographies qui illustrent le roman (un vase et des khmissates de différentes formes à) sont celles d'objet acquis par l'auteur à Essaouira pendant ses différents séjours.
Ruy Sanchez a vu le jour à Mexico en décembre 1951 de parents originaires du nord du Mexique. Il est Marié à l'historienne Margarita de Orellana et père de deux enfants.
Francophone accompli, Ruy Sachez a fait des études à Paris, et fut l'élève de professeurs tels que Roland Barthes, Gilles Deleuze et Jacques Rancière.
Il dirige depuis 1988 la revue 'Artes de México', qui a reçu au cours de ses quinze premières années plus de cent prix nationaux et internationaux d'arts de l'édition.
Par Rachid Mamouni | MAP Publié le : 08.02.2008 |

Mexique-Maroc-culture

El corresponsal de la agencia de prensa de Marruecos, Rachid Mamouni, publica esta nota en el periodico de Marruecos LE MATIN DU SAHARA.

Présentation inédite d’un roman sur Mogador du mexicain Alberto Ruy Sanchez Mexico, 21 fev (MAP) – Le romancier mexicain Alberto Ruy Sanchez a fait une présentation inédite de son dernier roman sur Mogador, ‘’La main du feu’’, avec la projection de deux films sur la ville et deux spectacles de danse contemporaine inspirés de ses romans.
D’abord, la présentation a été faite dans un lieu originel. Il s’agit d’une ancienne station électrique, qui produisait jadis le courant pour les tramway de Mexico, convertie en centre culturel par un philanthrope tout en gardant en plein milieu de l’édifice les immenses générateurs électriques.
Devant une assistance nombreuse (plus de 1.000 personnes selon les organisateurs), composée d’hommes de lettres,
d’artistes et de diplomates, Ruy Sanchez a évoqué Mogador ‘’l’inaccessible’’ et les personnages qui peuplent la ville et ses romans depuis plus de 20 ans.
‘’La main du feu’’ est la cinquième et dernière œuvre de Ruy Sanchez, qui s’est inspiré, au cours des deux dernières décennies, de ses nombreux séjours à Essaouira pour donner vie à des histoires d’hommes et de femmes glanés au hasard de ses rencontres avec les gens de la ville.
Suivant sa quête de toujours, celle de l’exploration du désir sous ses différentes expressions, l’auteur fait une mixture inédite de sa passion narrative avec l’architecture, l’artisanat et la poésie arabo-musulmane.
Au début de cette ‘’fête de présentation’’, la danseuse Tatiana Zugazagoita a exécuté une chorégraphie improvisé, à laquelle participât l’auteur lui même, en hommage à une scène similaire décrite dans le roman.
Tatiana est la créatrice, il y a quinze ans, d’une chorégraphie intitulée ‘’Après-midis de Mogador’’, inspirée elle aussi d’un roman de Ruy Sanchez, et qui a été maintes fois primée au plan international.
En plein milieu de la présentation, un groupe de danseurs (6 femmes et deux hommes) fait irruption parmi les assistants et gagne, en se trémoussant, la scène pour exécuter trois numéros de danse contemporaine, sur fond de partitions musicales arabes et la voix de l’auteur lisant des morceaux de ses textes.
A la fin de la présentation, une autre ‘’surprise’’ attendait le public, qui a été convié à une cérémonie de henné à la marocaine, devenue immédiatement la principale attraction de la soirée.
Ruy Sanchez, un amoureux de l’art sous toutes ses formes, dirige depuis 1988 la principale revue d’art en Amérique Latine, ‘’Artes de México’’.(MAP).

RM---BI.

Ritual de invocación de un erotismo lúdico

Mi amigo Jorge S. escribe en su blog sque estuvo ayer en la Estación Indianilla presenciando los preparativos y ensayos de la presentación de mi nuevo libro este 20 de febrero 2008.

"Fiesta de presentación de La mano del fuego, de Alberto Ruy Sánchez. Editorial Alfaguara, México.Así como los libros de Alberto Ruy Sánchez son experiencias y no relatos de experiencias, la presentación de su más reciente novela La mano del fuego promete ser una experiencia inolvidable. El autor, que es también editor de la revista Artes de México, ha montado todo un festival de arte lúdico y erótico a propósito de este libro que todavía no ha sido lanzado formalmente y ya va en su segunda edición.
El lugar donde todo eso sucede es en sí mismo un espectáculo: una inmensa y antigua estación eléctrica donde se producía la corriente de los tranvías de la ciudad, acondicionada desde hace unos meses de manera muy moderna para mostrar obras de arte y que ya se va conviertiendo en el lugar más solicitado de México: el Centro Cultural Estación Indianilla. Caben unas dos mil personas. Todas las obras expuestas tienen una relación con el contenido del libro. A la entrada del lugar, casi sobre la banqueta, nos recibe una inmensa reproducción del polémico cuadro de Courbet El origen del mundo, un pubis tupido, pintado sobre un brincolín o tumbling de cuatro metros de lado, donde los asistentes pueden brincar mientras son tomados por una cámara cenital que proyecta sobre un muro y sobre cuatro pantallas la imagen del visitante descontrolado sobre ese sexo enorme. Es una obra del joven artista, Angel Ricardo Ríos. Y quienes brincan recuerdan la situación extraña e inestable, muchas veces ridícula e incontrolable, casi siempre lúdica, en la que se encuentra con respecto al sexo femenino el protagonista de La mano del fuego en cada capítulo del libro.
Apenas entrando al edificio se abren a nuestros pies unos labios enormes: una inquietante y bella vulva de cuatro metros dibujada con pétalos de rosas por la artista Rosa Borrás. El interior es de rosas muy rojas, casi sangre. Recuerda la insistencia que hay en el libro por pensar a la mujer amada como una revelación estética que nos rebasa, una realidad tremenda que nos mueve hacia ella mientras nos conmueve. Recuerda también a la protagonista de Los jardines secretos de Mogador, Jassiba, que llevaba en la mano tatuada un puño de pétalos de rosa cuando conoce a su amante en el mercado de Mogador.
Un poco más adelante nos recibe un tendedero de calzones donde, haciéndode eco de un pasaje de La mano del fuego (p.68) el joven ceramista Eduardo Colín le pide a las y los visitantes que le presten sus calzones para empaparlos en barro y caolín, ponerlos a secar y más tarde meterlos al horno para convertirlos en cerámica y así regresarlos transformados en obra de arte. Este Tendedero de fetiches convierte en objeto de culto a la ofrenda íntima que alguien puede hacer de sus calzones.
Dentro del inmenso salón dos pantallas proyectan un video realizado por Dora Guzmán que muestra a Mogador, la ciudad de Marruecos donde suceden las novelas de Ruy Sánchez desde hace veinte años y que muy pocas personas en México han visto, creyendo siempre que se trata únicamente de una ciudad imaginaria. El video se interrumpe y la luz se concentra en una orilla del tendedero donde la reconocida coreógrafa Tatiana Zugazagoitia se quita los calzones y comienza una improvización espectacular que termina en el escenario alrededor del autor en una danza incierta e intensa, como las que aparecen en el libro. Hace unos años ella realizó el espectáculo Tardes de Mogador, con el que ganó varios premios internacionales de danza.
Sobre unos andamios, el autor y dos mujeres comentan brevemente La mano del fuego. Es su editora, Marisol Schultz, y la novelista Verónica Murguía, quien es además personaje del libro. Ella analiza, entre otras cosas, el hecho extraño de que los amantes terminen convertidos en una pieza de cerámica, una obra de arte. Cuando terminan de hablar surgen de entre el público las ocho bailarinas del grupo Audanza, de Auda de los Cobos. Se repliegan hacia el escenario y bailan tres apasionadas canciones populares con movimientos francamente inquietantes y estéticos. Entre cada uno se escuchan frases de Ruy Sánchez sobre el amor y la danza.
Al terminar, otro breve video experimental, realizado por Luis Rodríguez, despliega imágenes alrededor del deseo, haciendo referencia a los cinco libros de Alberto Ruy Sánchez que forman este ciclo de Mogador completado por La mano del fuego y que incluye Los nombres del aire, En los labios del agua, Los jardines secretos de Mogador y Nueve veces el asombro. Sobre el escenario, dos enormes dibujos de Brian Nissen muestran a dos parejas haciendo juegos de amor con las manos mientras se enredan o tocan la flauta. Imagen de lo que sucede anímicamente a los personajes de La mano del fuego. Al pie de estos dibujos se colocará un artista del tatuaje, Julián Silva, para que quienes quieran puedan llevarse un recuerdo de esta fiesta sobre la piel en forma de un fugaz tatuaje dibujado con henna. Como los que en estas novelas usan las mujeres de Mogador sobre todo el cuerpo pero especialmente en la ingle.
Al final, como es costumbre en las presentaciones de Alberto Ruy Sánchez, se baila salsa hasta que el cuerpo aguante. Se prevee que en esta celebración de veinte años de libros sobre Mogador, estén presentes varias de las mujeres que le han contado al autor sus deseos y que en gran parte han inspirado los numerosos y sugerentes personajes femeninos que cuentan y viven el deseo en Mogador."
Me escribe desde Cancún una nueva lectora, Perla Torres (no Paloma Torres, la escultora y ceramista). Su entusiasmo espontáneo me conmueve y le pido permiso para hacerlo público.
"Alberto Ruy y la mano del fuego llegan a mi, a través de una invitación a la presentación del libro en la FIL 2007, en Guadalajara, no pude asistir, pero un vistazo a la página web, me convence de ir por más, compro el libro ( que aún no termino, comienzo a leerlo y me hace sentarme cada noche desnuda dispuesta a vestirme con las letras, con los personajes, con la vivencias, con la emociones que alguna vez intuí, pero que no he podido experimentar de forma compartida, ahora de forma indivudual, taciturna, luminiosa, me abro a las posibilidades de un deseo que desborda, de un deseo que se brinda cadencioso como llovizna demayo... Leo para sentir, adoro vivir en los instantes en que mis ojos ávidos se pierden en abismos de interior cálido... A punto de cumplir 35 años, encuentro un libro que refleja los laberintos de mis deseos, y da a luz a mi erotismo callado y expectante. Exorciza con cada página los demonios del amor nacidos en mis noches desoledad en compañía, cuando en la oscuridad anhelaba ser vista a ojos cerrados, con la piel. con las manos, con el olfato, con los sabores, con todo aquéllo que se abre a través de los sentidos. Gracias por que aún falta impregnarme de fragancias y diluirme en humedades tibias cada vez que soy tocada por la mano del fuego..."
Más tarde: "Alberto, mi carta no es sino el reflejo de esos espejos en que se convierte tu narrativa, en ellos estoy en cada ángulo fragmentada en emociones y sensaciones...por su puesto que puedes publicarla en tu blog, y usándo mi nombre.Vivo en Cancún y espero algún día tener la oportunidad de asistir a algún evento en donde tengas participación, y que mejor que la presentación de uno de tus libros, desconocía tu obra e incluso tu nombre, (conozco a grosso modo de literatura) fué una amiga quién conoce tu trabajo quien me habló de ti, cosa que agradezco mucho. Claro está que compraré tus publicaciones anteriores, he quedado atrapada en la forma en que cuentas historias, en que narras y develas paisajes a través de tus sentidos, transcribiendolos fielmente al papel."

Una Lectura táctil

Regreso a mi Cuaderno Abierto sobre La mano del fuego después de un tiempo concentrado en la terminación y luego en la publicación de la novela, su primera presentación en la Feria de Guadalajara, el fin de año en que ya medio circula, los primeros ecos que me llegan de los lectores y luego, ya en enero, su promoción en medios de comunicación y en clubes de lectura. Y una lluvia de entrevistas. Con mucha frecuencia los entrevistadores son los primeros lectores que se manifiestan. Poco a poco, en estas notas, iré repasando a grandes razgos cada uno de estos momentos mezclando lo anterior con lo más inmediato y respondiendo a las cartas que me llegan o a las preguntas más insistentes que me van haciendo en el camino. Todo esto es para mí un verdadero ritual de clausura de un proyecto literario y vital, tal vez llamado: Los libros de Mogador o El ciclo de Mogador, donde, como la respuesta de los lectores se ha integrado de múltiples maneras sutiles y escondidas a la narración, llevar cuenta de lo que sucede al publicar el último libro cuando ya no habrá otro en la serie se me vuelve indispensable.
Sobre una característica de todo el ciclo, pero sobre todo de La mano del fuego, su textura, su énfasis en el tacto como primer contacto con el mundo, comienzan a llegar reacciones. Transcribo la nota breve y generosa que publicó Sergio González Rodríguez en el periódico Reforma en una sección donde se da noticia de nuevas publicaciones: “Fuego y Erotismo. El notable narrador y ensayista Alberto Ruy Sánchez ha creado un conjunto de imágenes y relatos a lo largo de los años que escruta el erotismo en la cultura árabe. Ahora, con La mano del fuego (Alfaguara), escribe su libro más ambicioso y logrado al respecto: un tejido novelístico que implica reflexiones hacia la complicidad del lector y convergen en una experiencia impar: el dominio de un estilo que profundiza en la materia que lo obsede. Una lectura táctil.” Y, a propósito de una lectura táctil, en la amena e inteligente entrevista radiofónica que me hicieron Mayra González y Jorge Alberto Gudiño en su programa nocturno Tertulia (Radio Red), una mujer se comunicó por teléfono al estudio para decir: “Como soy ciega he gozado doblemente su libro. Yo veo con el oído y con el tacto y comprendo a fondo todo lo que sus novelas dicen. Con ellas veo más.” Así, en la primera anotación de este cuaderno hablaba de este tema y lo retomo con un par de ecos del mismo.

En la Plaza, contar historias

Tuve una nueva oportunidad de ensayar algunas de las historias contenidas en la futura novela, la mano del fuego, leídas a un público generoso de Francia. Regreso del Festival de Escritores de Toulouse, precisamente de Tournefeuille, dedicado a los escritores viajeros. Los organizadores, que me habían invitado a hablar el año pasado en Montauban, me extendieron esta vez una invitación estelar con varias presentaciones. Unas que llamaron "Carta Blanca a Alberto Ruy Sánchez", donde, todos los días, dentro de una tienda de nómadas del desierto marroquí, yo contaba historias, hablaba con la gente, los invitaba a contar sus viajes y contaba algunos de los míos. Quisieron cerrar el festival conmigo, y organizaron una maravillosa sesión de lectura, narración oral y música, que me dejaron acomodar a mi gusto, acompañado de un excelente actor y lector profesional de literatura, Marc Roger; y un dueto de primera: el flautista y percusionista Luis Rigou y la bella saxofonistas Hélène Arntzen. Fue una oportunidad para contar historias de manera deshinibida y comprobar su magia, ajustar tuercas de los relatos, aclarar lo que me parecía evidente. Compruebo una vez más el inmenso placer que me da ir tejiendo y destejiendo la nueva novela frente a un público atento, emocionado y divertido. Tal vez ésta sea la novela, dentro del ciclo, que más integra los ecos de ser presentada en público y de que circulen las anteriores. Los organizadores, Nicole y Maurice Petit escribieron en el programa un breve texto que bien podría presentar un aspecto de esta próxima novela mogadoriana y al conjunto de ellas: por sugerencia de mi traductor, Gabriel Iaculli, llamaron a esta función: "Ritos de viaje, los caminos hacia Mogador" Después de hablar de mí un poco, dicen..."Su prosa sensual fecunda el vasto poema de una búsqueda, con frecuencia cristalizada en la mítica Mogador, ciudad secreta acurrucada detrás de su resplandecientes murallas. Su viaje no se entiende ya como un periplo turístico sino como un aprendizaje del descubrimiento sensual del mundo, de los otros, y para terminar, de uno mismo. El narrador es un notable contador de historias que con la misma facilidad seduce recurriendo a los grandes mitos que una anécdota sabrosa." Claro, ahora hay que trabajar mucho en el manuscrito final de la novela para merecer esas palabras generosas y volverlas, lo más posible, realidad.

Tatuarse es hacer un collage con el cuerpo

Siguen llegando historias de tatuajes tomados de Los Jardines secretos y de Nueve veces el asombro. Estos últimos más sencillos, más fáciles de hacer, pero también puestos en lugares más íntimos o secretos. Como un pequeño tesoro que alguien encuentra después de abrir varios pliegues del cuerpo. Mientras que las caligrafías de Los Jardines Secretos fueron hechas por el artista iraquí Hassan Massoudy, las de Nueve veces el asombro pertenecen a un simple alfabeto: un manual para aprender a escribir en árabe. Ambas son muy bellas. Y más bellas aún sobre un cuerpo femenino que deja que las letras corran por su cuerpo y se alojen muy adentro, donde sólo los amantes pueden visitar: mirar, tocar, besar: leer con todo el cuerpo.
Una historia curiosa es la de una mujer que me escribe y me manda la foto de un collage que hice hace un año y que salió publicado en Confabulario, del periódico El Universal. Es un collage que mezcla el paso de un universo a otro, guiado por un ángel. Y varias mujeres en posiciones diversas. Arriba, una de espaldas que es una diosa sensual, ocupada en sí misma. Aunque tal vez, por ser diosa, nos ve sin necesidad de mirarnos. Abajo, otra mujer también desnuda y de espaldas tiene lodo bellamente extendido con la mano sobre sobre sus hombros, como un ángel caído y al que se le nota lo acariciado. En medio, guiada por un ángel a su izquierda, el personaje central, una mujer mediterránea, con tatuajes bereberes muy simples sobre el cuerpo: un triángulo invertido que remonta su pubis hasta el ombligo y dos semicírculos que rodean su pecho por arriba. Dos figuras inversas a la geometría del cuerpo y que le dan una extraña ligereza.
Pues resulta que recibo mi collage "intervenido" por esta lectora que le añadió en el vientre el tatuaje de Los Jardines secretos: wel que dice "nosotros somos el jardín". Ella me dice que se lo puso en cuanto lo vio en el periódico, empujada por la sensación de que algo le faltaba a lo que yo había hecho. Me fascina que las lectoras completen lo que hago, que lo hagan suyo, lo reescriban, lo dibujen, lo bailen, se lo pongan sobre su cuerpo y lo vivan a su manera. Eso es lo que han hecho las coreógrafas, bailarinas y compositores que han trabajado sobre mis libros, como la bella adapatación que hizo Tatiana Zugazagoitia de las Tardes de Mogador hace algún tiempo.
La lectora entusiasta que intervino mi collage me dice: "No podía dejar de pensar que esa mujer, guiada por el ángel, soy yo. En aquellos días tuve un amante que me dejó tan feliz y conmovida que sentí que todo lo hacía por primera vez. El me inició a una dimensión del sexo que yo no sospechaba, que nadie me había dicho que podía existir, me convirtió en otra. Una dimensión del sexo, o sea de la vida, de la que sólo he podido encontrar noticia escrita en sus libros. Que por cierto no dejo de regalar y que me acompañan a donde yo vaya, incluyendo a la cama con los amantes que desde hace entonces he tenido. Sus palabras, señor Ruy Sánchez, son parte de mi cuerpo amante, doblegan la violencia de los hombres bruscos, los empujan y los retan a ser más sensibles y delicados. Por eso, cuando tuve bajo mis ojos ese collage de una mujer iniciada por un ángel a los secretos inmensos y maravillosos del universo, sentí que yo era ella. Toda la noche me quedé pensando y luego soñé con ese raro sistema planetario donde las lunas y los mundos son vaginas deslumbrantes, como estrellas magnéticas. Y en una de ellas, a la derecha me parece distinguir flotando abajo un punto que bien podría ser un ano. Me mostraba un sistema solar donde sólo existe lo profundo, lo que atrae, lo que nos mantiene en movimiento. Sentí que tenía que añadir sobre el vientre de esa mujer que era yo, el tatuaje que dice tanto, que dice Nosostros somos el jardín. Y un poco después yo misma me lo puse sobre el estómago. Sin saberlo, usted me empujó a hacerlo. Me empujó a decirle a todo el que me vea desnuda: "Si te portas a la altura, si sabes ser lento como los amantes de Mogador, tú y yo podemos ser un paraíso, el jardín encantado".

Por otra parte sigo recibiendo mensajes entusiastas con las fotos que me envió Karla y puse en la entrega anterior.
El collage que viene acompaña a las primeras líneas de estos párrafos , ya intervenido, se puede ver un poquito más grande picándolo, y además se puede ver acompañado de algunos de los textos de Nueve veces el asombro que los inspiraron, en esta otra página sobre el tiempo en Mogador.

La vida y la obra como una sola caligrafia


Me doy cuenta de que todo lo que reescriba o escriba dentro de la nueva novela está cargado de un ánimo, de una oleada de afecto proveniente de lo que viva en ese tiempo. Así, la semana que acabo de pasar en Colombia me ha llenado de una energía inusitada, de un ánimo enorme. Gocé a la ciudad después de descubrirla gracias a la amistad nueva o renovada. Desde ahora Bogotá tiene una sonrisa, una belleza distinta. Pero el ánimo que me invadió esos días iba brotando por mi cuerpo hasta convertirse a diario en una cuantas palabras cargadas del ritmo de tambor que hay en la palabra Bo go tá. Y las ciudades son como mujeres. Seducen y son inconquistables. Bogotá es así maravilosa. Y así como dos cuerpos se entrelazan amándose, formando una caligrafía aparentemente caprichosa, uno, que es amante del mundo, enlaza su cuerpo con la vida que se le presenta. La ama, perdidamente, ata su cuerpo a ella. Se escribe con el cuerpo atado al mundo como en una sola y significativa caligrafía.
Y mientras estaba felizmente hundido en Bogotá siguieron llegando por el correo electrónico vinculado a este blog mensajes intensos y fotos de mujeres tatuadas con las caligrafías que aparecen en mi libro Los Jardines de Mogador. Y justo en la colocación del vientre que describe el libro. Así, Karla me envía unas bellísimas, que son a veces perturbadoras o que incitan a la contemplación. A la adoración de esta mujer con la piel que dice: "Tu y yo somos el jardín, el paraíso". Y lo dice con líneas convulsionadas sobre su vientre, como una llama. Inmóvil y siempre en movimiento. La llama que, si cerramos los ojos y la besamos, nos devora.









Lydia Cacho y el libro como Mandala

Sobre el tema que mencionaba en una entrada anterior a este cuaderno: el de querer que mis libros sean como mandalas: objetos rituales que nos ayudan a vivir, recibo esta crónica de Lydia Cacho, que ya conocía y agradecí en su momento pero que una lectora me envía ahora de nuevo, sobre uno de los posibles usosrituales de mi libro Los Jardines secretos de Mogador. Me siento tan agradecido con ella y sus amigas. Y tan afortunado de que un libro pueda vivir así. Yo decía que si la lectura de un libro nos toca a fondo, se vuelve parte de un ritual íntimo, alimenta raíces secretas. En sus mejores momentos el lector usa a los libros como una especie de mandalas: objetos rituales cuya forma material y sus palabras nos ayudan a sentir, a pensar, a meditar, a vivir. Y mi querida Lydia, con sus amigas, me lo confirman.

Lydia Cacho
El jardín de los secretos

"Mi amiga Erika estaba triste. Por más que intentamos alegrarla, narramos cuántas veces hemos vuelto a caer en los brazos del amor, a pesar de haber jurado jamás regresar a ese curioso estado de perpetuo embelezo que es el enamoramiento. Pero nada, su mirada estaba ausente de esperanza. Nunca había visto sus ojos tan vacíos de alegría como esa noche, así que me di a la tarea de ofrecer a mi querida amiga una terapia de reconstrucción del anhelo.
Invité a mis queridas amigas a mi casa. Allí con una botella de buen tequila y unas botanitas, llevamos a cabo el ritual. Ellas esperaban una velada trillada de plática sobre el amor y las parejas. Una vela de vainilla encendida, acompañada de una quema de incienso de sándalo, cedés de música deliciosa y un libro inolvidable fueron los acompañantes de la noche.
Alrededor de mi mesita de Guatemala, nos sentamos en cojines de colores, y pasamos por nuestras manos una botella de aceite de lavanda para masajes. Unas gotas en la palma y lentamente cada cual llevaba en sus propias manos y brazos el aceite, en el fondo en disco de fados portugueses. Con los ojos cerrados había que reconocer en la propia piel los recuerdos de las caricias amorosas del pasado y del presente. El ejercicio consistía en recordar con los sentidos cómo el amor nos ha dejado huellas en la piel a lo largo de los años. Nada se pierde, todo se transforma, dice una canción, y así vamos respirando profundamente y sin abrir los ojos recordando todas las caricias significativas de nuestra vida. Ya con los ojos abiertos y luego de un brindis con el agua de las diosas del agave, recordamos entre carcajadas y sonrisas de asombro nuestro primer beso, esa iniciación del cuerpo en las pasiones, esa añoranza de la presencia cercana del ser que nos atrae. El cosquilleo del vientre, el vuelo de la mariposa justo tras el ombligo –que no es otra cosa que el centro de nuestro universo vital-. ¿Cuándo fue la última vez que sentiste el aleteo en presencia de alguien? Pregunté. Claudia insistió en que a nuestra edad –casi todas estamos entre los 35 y 45 años- eso ya no es fundamental. Y yo inquirí ¿por qué justo cuando ya tenemos la seguridad que nos faltaba en la adolescencia, cuando es nuestra la certeza de quién somos y qué queremos no tenemos edad para maravillarnos ante la pasión?
Yo creo que es la mejor edad, es maravilloso saber que ya no estás dispuesta a entrar en juegos de engaño, que eres capaz de construir una relación madura, apasionada, pletórica de risas, de pasión y de goce. Pasamos la vida intentando comprender esa increíble mezcla de atracción biológica y apasionamiento, sazonados con reflexiones intelectuales de romanticismo y con incomprensibles reacciones químicas que nos arroban como el fuego consume el pabilo de una vela. Entonces saqué una joya de libro: Los jardines secretos de Mogador. Todas las personas que quieran despertar sus sentidos deben leerlo. Su autor Alberto Ruy Sánchez, es un explorador de los arrebatos humanos, un gozador profesional.
Cambio de música: el bolero de Rabel. Comencé leyendo el primer capítulo, entre sorbos de tequila miré a mis amigas acomodándose como si mi pequeño hogar se hubiese convertido en la habitación de un palacio marroquí. Terminé la primera historia y pasé el libro a Claudia, ella leyó, y luego cada una hasta llegar a Erika. De sus labios salió la historia final de los Jardines. Eran las cinco de la mañana y salimos al balcón a mirar el sol salir por la laguna de Cancún.

Miré a mis amigas y me sentí bendecida por el cariño. Le dedicamos el libro a Erika, quien prometió nunca más olvidarse que el amor es una consecución de milagros personales, es la historia de nuestro cuerpo y nuestro corazón; es la esperanza de nunca perderlo. Es hallar nuestro propio jardín de pasiones." (De la columna Esta Boca Es Mía. Publicado en la revista Tentación)

Tatuajes que florecen

Recibo una pequeña lluvia de mensajes de personas que se han hecho tatuajes tomados de mis libros con un entusiasmo tomado de las historias de deseo que contienen. Una de ellas me manda una foto bellísima del tatuaje mogadoriano arriba de su tobillo derecho pero el desnudo de todo su cuerpo es deslumbrante. Se muestra y no. Oculta sus ojos. Encuentro bellísima su boca: El órgano sexual más tremendo que tenemos. Me dice que por lo pronto es modelo y que cuando va por la pasarela piensa que camina sobre las murallas de Mogador. Tiene que maquillarse el tatuaje para desfilar: no debe verse. Y cuando recupera su verdadero yo lo deja ver de nuevo. Me dice que con frecuencia, mientras las demás modelos se visten y se maquillan, ella lee desaforadamente a un lado. Y que por eso la ven como bicho raro. (Una persona muy querida me había contado algo semejante). Es estudiante de Literatura Comparada y prepara sus exámenes entre un desfile y otro. Me dice que, definitivamente, es "sonámbula mogadoriana", y mientras camina en la pasarela siente en el cuerpo los dardos de deseo del público que la rodea, que ese deseo múltiple y creciente la anima; y sabe localizar de dónde vienen los más sinceros, los nada turbios: como llamas de colores diferentes que ella sabe ver con otros ojos, los de la piel, los que ven en todas direcciones al mismo tiempo. Vive entre París y Londres y prepara una tesina sobre la influencia de Pasolini y de Beckett en los libros de Mogador, sobre todo en La Peau de la Terre, que es el nombre de la edición francesa de Los Jardines secretos de Mogador y En los labios del agua. Le pregunto sobre sus historias de deseo. Y me envía un largo poema narrativo que está escribiendo, un relato que es casi novela corta en fragmentos, tan deslumbrante como su cuerpo. Lleno de revelación y a la vez de misterio.

También recibo un conmovedor testimonio de una poeta que no se de dónde es además del país de la poesía. Menciona la orilla del mar y menciona sus ojos verdes. Me hace nadar en ellos, hacia ella. Mezcla el italiano con su español misterioso. Y trae a cuento una daga árabe bellamente retorcida, la "gumía", más familiar para mí como "kumiya", que ahonda mi curiosidad y mis recuerdos. Abre mi piel e indaga en la carne de mi memoria. Ante mi curiosidad por sus deseos me pregunta sonriente si quiero que mi novela sea bicéfala. Le respondo que Deseo que mi novela sea un animal pluricéfalo con sexo de mujer en el horizonte y una brújula levantada hacia ese atardecer siempre asombroso.

Inundado de tantas voces deseantes femeninas, comienzo una nueva redacción de la novela cargado de la la intensidad de todas esas bocas, lenguas. Es como cuando algo tan especial nos sucede que nos obliga a cantar. Así me siento.

Y me viene a las manos, a la memoria, este poema de Angel Valente, epígrafe perfecto de este momento afortunado que todas estas mujeres deseantes me ofrecen:

"Con las manos se forman las palabras,
Con las manos y en su concavidad
se forman corporales las palabras
que no podíamos decir."

Las palabra del deseo que regresa













Una parte fundamental del reto que me he impuesto en el proyecto de Los libros de Mogador es estar atento a la respuesta de los lectores ante la aparición de cada libro, escuchar de qué manera entran estos libros en la vida de quienes los leen sin indiferencia y, finalmente, integrar esas voces del deseo en el cuerpo narrativo del siguientes libro. Ya el primero, Los nombres del aire, tenía en su breve historia una carga enorme de historias de deseo que me habían contado varias mujeres y otras que me había tocado vivir o vivir de cerca. Esa carga vital está en el libro convertida en intensidad poética de diferentes maneras. Cuando el libro apareció la reacción de muchas lectoras fue enorme y muy intensa, en proporción directa con el interés que yo había puesto en ESCUCHAR los deseos femeninos. No es solamente que yo hubiera adoptado el tema de la mujer como una de las preocupaciones del libro sino que todo el libro está escrito desde el deseo.
Cuadruple deseo: mi deseo por conocer más de ese mundo que es mi alteridad radical y fascinante; mi deseo por la mujer amada que encarna cambiante en los rostros y en los cuerpos de mis personajes; los deseos de muchas mujeres que me cuentan, me dejan ser testigo o viven conmigo situaciones deseantes, convertidas por mi en "figuras narrativas del deseo"; y finalmente los deseos, muy abiertos y muy concretos al mismo tiempo, de ser deseado a través de las palabras. A través de la obra, o más bien, en ella.
Es decir que el relato se levanta como un ámbito, un ámbito de deseo, no sólo sobre el deseo o escrito con deseo sino escrito desde el ámbito del deseo. Un ámbito creado para decir y captar el deseo. Para hacerlo actuar.
Y en esta última frase está tal vez la clave de mis libros: novelas que se niegan a subordinarse a la retórica común y corriente del suspenso narrativo o de la anécdota más o menos unidimensional, para convertirse en ámbitos, espacios de deseo. Espacios donde se lee con todo el cuerpo, y donde cada cuerpo que entra a leer deposita así sus deseos en la trama frágil como tela de araña que los define.
Así, En los labios del agua se nutrió enormemente de los ecos que tuvo entre el público femenino Los nombres del aire y, ya después, Los Jardines secretos de Mogador ganó vitalidad por todo el eco acumulado de mujeres deseantes más las preguntas que lancé abiertamente en su momento sobre mis lectoras para escuchar sus deseos, cientos de deseos de embarazadas muy específicamente, pero también deseos femeninos de todo tipo convertidos luego por mí en jardines.
Ahora, en el vértice de la nueva novela me lanzo de nuevo, como pararrayos, a escuchar deseos. Y el Blog es ideal para hacerlo. Ya en poco tiempo me llegan ecos enormes y muy vivos. Algunas mujeres me dejan su huella entre los comentarios de este blog. Hay algunos de enorme belleza. Los agradezco y pido ir más y más a fondo en el relato de sus deseos. No necesariamente de manera pública sino, con frecuencia, en correos privados. Y nunca dejo de sorprenderme.
Eleonora, una poeta profunda, ya me va dejando huella ni yo se hasta dónde. Otras cartas significativas fluyen sin dejar nombre. De todo lo que me cuentan me alimento y en mí todo se va transformando en cuento.
Estos días me llega la noticia de una mujer, bella y apasionada, que se ha puesto indeleblemente en el cuerpo el tatuaje que usan mis personajes en los libros. Y ella, Karla (menciono nombres sólo si me lo permiten) me envía su fotografía. Es la que abre esta nota del blog. Es la caligrafía que dice en árabe: "Nosotros somos el jardín", Y que aparece incluso en la portada de Los jardines secretos de Mogador.
Como no es la primera vez que eso sucede me voy a revisar mis cuadernos de cartas y ecos, y veo que ella es justamente la novena mujer que me dice que se ha mandado poner esa frase caligrafiada en el vientre. Le pido que me cuente la historia pasional que anima o es animada por ese tatuaje y me encanta oírla, leerla. Es una de esas "palabras que regresan" bajo el llamado de mis deseos para expresar afondo los suyos. Lo agradezco tremendamente.

El texto como objeto ritual


En Mumbai, una sorpresiva lectora india, poeta de Gujarat que había vivido en Nepal, me dijo, "Leo sus libros de Mogador con frecuencia (me acompañan) y pienso en ellos en su conjunto como un objeto ritual: relatos y poemas que ayudan a pensar y a vivir; están entretejidos formando un Mandala."
Y añade, "La definición de un Mandala es esa: objetos que son bellos, imágenes codificadas que ayudan a pensar y a vivir. Y que se convierten en parte de un ritual íntimo."
El comentario de entrada me produce extrañeza. Ninguna intención esotérica anima mi proyecto. Sin embargo, la definición que ella da del objeto ritual me parece muy material: un objeto codificado que ayuda a pensar. Y, si hay suerte, ayuda a vivir.
Sin duda hay en mi ciclo de Mogador una deliberada investigación sobre el deseo y en ese sentido pretenden presentar, contar situaciones impregnadas de una implícita reflexión sobre el deseo. Pero su método es la poesía: la imagen formalmente asombrosa. Y en cierto sentido ritual: el ritual de aparición del momento poético: la epifanía, la revelación poética (como traté de explicarla en mis libro de ensayos Con la literatura en el cuerpo y Cuatro escritores rituales.
Al día siguiente fuimos al Museo de Mumbai y me mostró un tipo de mandala que se adapta en todo a la estructura de mis libros que antes he dibujado como una espiral de círculos concéntricos, con una búsqueda obstinada (casi erótico-mística) del deseo animando el recorrido. Incluso es un Mandala cuya estructura se basa nueve niveles narrativos.

Y en este mandala también, como en mi descripción del ciclo, la unión entre cada círculo concéntrico es el narrador, convertido en personaje del círculo más amplio que va envolviendo a los anteriores. El último círculo está afuera del dibujo y es el de mi ojo mirando el conjunto, o el ojo de cualquiera que se detenga ante el objeto y, simplemente, lo considere.
La dimensión de objeto que acompaña en la vida a alguien que lo lee y lo considera cercano está muy cerca algunos comentarios de lectores, y sobre todo lectoras de los libros de Mogador. Ayer mismo recibo un maravilloso comentario de una lectora, una poeta sin duda, diciendo: "Fue un día de Septiembre, el que me hizo "arribar" a uno de tus libros -el primero, para mí-.
Desde entonces, un solsticio y un equinoccio, me sumerjo en tu prosa. Afinidades electivas, mareas compartidas.He dejado que tus palabras, tus libros, entren a formar parte de mi vida.En mis viajes, he convertido tus libros en mis favoritos, transformando esas historias según los idiomas en que las leo. Lentamente, ya son parte de mi. Como el agua. Como el mar, en el que nado cada día." ¿Es eso un Mandala en el sentido que lo explica esa otra sorpresiva lectora de la India? En ambos casos, esa dimensión que adquieren los libros en la vida de quien los lee es un regalo inusitado para el escritor. Un don del que no se debe sentir merecedor sino receptor agradecido. Al escritor corresponde escuchar, sí, agradecer, también; pero sobre todo ocuparse en hacer cada vez mejor el dibujo de su mandala: una mejor obra de arte que, si sigue teniendo la suerte de encontrar lectoras así, será un mejor objeto para pensar la vida y vivirla intensamente. Y esta novela del fuego será para mí el entorno que completará mi mandala.
Gracias, nueve veces nueve, a ambas lectoras mandálicas.

Entre otros cambios


Regreso de un viaje largo en la India. Respondo a los comentarios que tuvo mi nota anterior agradeciendo el interés en mis libros. Una lectora se declara "sonámbula del deseo", como mis personajes. Y le doy las gracias por leer con todos los sentidos porque esa es una característica de Los sonámbulos. Un lector me pregunta cuándo saldrá la siguiente novela, que tiene ansias por leerla. Me alegra su entusiasmo y lo agradezco. Pero debo confesarle que una vez más retraso la entrega definitiva a mi editor porque quiero experimentar algunos cambios que tal vez la harán mejor. Tengo el deseo de cambiar el punto de vista del narrador de la primera parte de la novela y en vez de que sea un amigo enamorado de la misma mujer que el protagonista me estoy convenciendo de que la historia sea contada por ella. Su amante de toda la vida. Ambos tuvieron varias esposas y esposos, pero sólo un/una amante. Se fueron fieles en su infidelidad.
Hacerlo dedsde el punto de vista de ella implica muchos riesgos y mucha cautela. Y que tendré que recurrir de nuevo enormemente a la opinión de muchas mujeres sobre muchos aspectos de la historia. Como diría Anais Nin, puede ser un relato "A favor del hombre sensible" (In favor of the sensitive man), visto como débil por tantos escritores y lectores masculinos. Algo de lo que con frecuencia he sido testigo. Durante el viaje arranqué la descripción en esos términos y creo que puede ser muy importante para el desarrollo y la posición narrativa del libro. La segunda parte está contada en primera persona y es la voz del protagonista, el erotómano involuntario aclarando, o más bien estableciendo su nada clara y sí muy paradójica posición. El hombre sin mano que sin embargo llega a tocar con ella.

Ritual posesivo


Varias semanas regresando sobre el libro que no puedo considerar terminado pero que obsesivamente reescribo y afino en su acabado. Trato de dar la mejor forma a una fidelidad a ultranza: fidelidad no a una realidad literal de mi vida o a una idea de la literatura y del mundo. Fidelidad más bien a una manera de estar en el mundo. Trato de ser fiel a cierto "sonambulismo del deseo". A una fuerza que me mueve y de la cual el libro es un ritual propiciatorio. Con extrema claridad veo mi rechazo a una forma narrativa tradicional y exploro límites nuevos de lo que hago. Con frecuencia esta exploración me hace estar más allá de mí mismo. Rebasado por mi experimento. A veces resulta bien. Otras hay que comenzar de nuevo. La forma misma de la novela es un extraño objeto de deseo. Trato de hacer un libro poseído, como mi personaje principal y sus encuentros y saberes.

Amante andante


Ya sabemos que el Quijote deseó ser caballero andante lleno de las novelas que le hincharon el ánimo. Por otra parte, el noble pendenciero Iñaqui de Loyola, lleno también del espíritu heróico del Amadís de Gaula y otras novelas del género (exactamente como El Quijote) , tuvo un accidente terrible y estuvo convaleciente varios meses en un castillo, con una biblioteca. Pero como en ésta solo había vidas de santos, se convirtió heróicamente en San Ignacio de Loyola.
De la misma manera, Ignacio Labrador Zaydún, convaleciente en una biblioteca llena de libros eróticos, los leyó todos y, aunque muchos le parecieron horribles y se interesó en criticarlos con pasión, él anheló ser mejor. Un caballero andante del erotismo, un santo erotómano. Deseó vencer obstáculos y ganarse el paraíso que era su amada. O su amada del momento, cada vez distinta. Dicen que llegó a desarrollar una sensibilidad especial para el amor y más especial aún para el tacto. Pero no es seguro porque hay mujeres que loconocieron bien y afirman también lo contrario. Lo cierto es que se convirtió, pobrecito, en héroe involuntario de esta novela irónicamente erótica, Las manos del fuego.

Confluencia propiciatoria.


Abro por primera vez este Cuaderno mientras cae la tarde y el año también declina. Muy a mi pesar voy también cerrando el manuscrito de mi novela La mano del Fuego. A mi pesar porque me cuesta trabajo renunciar a seguir viviendo en el mundo que me crea cada novela, en el ámbito de experimentación sensorial que la novela justifica obsesivamente.
Reviso entonces las páginas donde cuento la biografía de Ignacio L. Zaydún, un hombre sonámbulo y enamorado al que de niño le habían cortado parte de una mano por un accidente con fuegos artificiales. Similar en todo al que tuvo uno de mis abuelos. Sin embargo, en mi relato, sus amantes decían que la mano faltante le brillaba entera en la oscuridad cuando la tendía hacia ellas. Y con los cinco dedos de ese resplandor las tocaba a fondo, metiéndose en lo invisible, moviendo y conmoviendo hasta sus ideas, ya no digamos su cuerpo.
Desde su nacimiento, prematuro, fue objeto de una investigación en la cual veían si recibiendo un exceso de masajes se desarrollaba mejor. Y hoy me encuentro una nota sobre ese tipo de terapia en los niños prematuros. También invento que cuando tuvo su accidente le hicieron injertos de piel que resultaron en una hipersensibilidad asombrosa. Y, y para mi asombro, hoy mismo encuentro en las páginas del periódico La Jornada esta nota que cuenta cómo hacen injertos de piel en los quemados, tomando la piel del órgano sexual de los bebés. Del prepucio. Lo que en gran parte explicaría la hipersensibilidad de Zaydún, mi personaje.
Dice La Jornada (20 de diciembre del 2006) : "La empresa mexicana Bioskinco produce aloinjertos de piel humana que reducen hasta en 50 por ciento el tiempo de cicatrización de una herida en caso de quemaduras, úlceras, dermoabrasiones y otras afecciones de la piel. El nombre comercial del producto es Epifast, y se trata de epidermis humana criopreservada (conservada a mínimas temperaturas) que es metabólicamente activa y acelera el proceso de regeneración de la piel de los pacientes. Los aloinjertos Epifast son elaborados a partir de queratinocitos vivos, es decir, células productoras de factores de crecimiento que estimulan la proliferación de las células epiteliales del propio paciente.Los queratinocitos con los que se produce Epifast fueron obtenidos del prepucio de un recién nacido sano circuncidado, con los cuales se creó un banco de células criopreservadas."
Extraña, muy extraña confluencia.
Me marca en la piel, como un tatuaje, la existencia de esta cámara de ecos que han formado durante casi veinte años los libros de Mogador, cuya arquitectura estoy a punto de concluir. Los libros y las historias e imágenes poéticas dentro de ellos como ecos del deseo en la vida. Y luego encuentro a los lectores y sobre todo a las lectoras haciendo eco múltiple de mis historias en los libros, encontrando en esas páginas sus deseos y multiplicándolos a su vez.
Esto podría llamarse, tal vez, El deseo en una cámara de ecos.